» avril, mai, juin 2009 : • • • • • • • • Dimanche 14 juin 2009 Dimanche 14 juin 2009 Le Saint Sacrement « Prenez ceci est mon corps… ceci est mon sang » Nous voici en face de la réalité la plus inconcevable. Elle a conduit des disciples à quitter le Christ. C’est ici, en effet que se réalise la grande fracture entre ceux qui croient en un monde transfiguré par le Christ ressuscité et ceux qui croient en un monde fruit de la seule puissance de l’intelligence et de la raison. Et nous ? Croyons nous à la présence du Christ dans le pain et le vin ? Il y a dans ce Sacrement toute l’histoire et la réalité de la vie divine au coeur de l’univers. Dieu est amour. Il veut donc la communion entre sa création et Lui. Or la création était marquée par une coupure, sur fond de mort, comment donc réaliser cette communion et vaincre la mort ? C’est alors qu’a surgi le don Fils. Son incarnation dans le sein de Marie est venue saisir tout l’univers, à commencer par l’homme, pour le situer ou le resituer sur la trajectoire de la communion. Sur la liberté humaine, ouverte à toutes les grandeurs comme à toutes les horreurs, a été greffée par le baptême. la liberté des enfants de Dieu. A la mort a été opposée la puissance de la résurrection. Ainsi Dieu a-t-il détruit le mal au point même où s’engendrait la coupure, c’est à dire dans le corps. Le oui du Fils par le don de sa vie, dans l’absurdité de la mort, a entrainé la réponse du Père . Il a glorifié son Fils et l’a ressuscité au lieu même où se manifestait la finitude dans monde et dans l’homme. Comment de tels évènements pouvaient ils rester sans signe de leur puissance d’éternité ? L’institution de l’Eucharistie, le Jeudi Saint a été la réponse. L’Eucharistie s’inscrit dans un double mouvement. D’une part Dieu, par le Corps de son Fils fait entrer notre humanité dans la vie éternelle. La Résurrection est ainsi manifestée en nous dès à présent. D’autre part il s’incorpore à la substance des éléments du monde, le pain et le vin et à notre corps pour donner l’énergie créatrice qui conduit à la pleine communion avec le Père et les frères . Ainsi par l’Eucharistie le Christ « se saisit de nous aussi réellement qu’il aurait pu le faire si nous l’avions rencontré sur son chemin en Galilée ». «Vous comprenez alors, la splendeur et la profondeur de ce Sacrement . « Les éléments du monde », le pain et le vin, « qui permettent une réception sacramentelle du Corps du Christ deviennent pour nous, dans la vie, un vrai moyen de nous unir spirituellement à Lui » et par l’Esprit d’entrer avec Lui dans la communion du Père. Avec L’Eucharistie c’est toute l’histoire de l’univers qui est saisie par le Christ. Le Père dans son amour pour l’homme a, par son Fils, vaincu définitivement la mort. Il est désormais éternellement et réellement présent dans le monde qu’il attire vers sa transfiguration finale et totale. Qu’il est grand le Saint Sacrement ! Dominique Vandier, diacre